La Haute Cour d'Allahabad demande une révision des lois sur la liberté d'expression face à la désinformation
Des juges de la Haute Cour d'Allahabad appellent à adapter les lois sur la liberté d'expression pour contrer les campagnes de dénigrement contre la justice sur les réseaux sociaux.
Les juges Ajay Bhanot et Divesh Chandra Samant, siégeant à la Haute Cour d'Allahabad, ont récemment plaidé pour une refonte des principes de la liberté d'expression afin de lutter contre la prolifération de fausses informations visant l'appareil judiciaire. Selon la cour, ces récits mensongers, propagés sur les plateformes numériques, portent atteinte à l'intégrité de l'institution et entravent le bon fonctionnement de la justice.
Le tribunal souligne que si la réputation d'un magistrat se construit sur une carrière entière, elle peut être détruite en quelques secondes par des campagnes coordonnées sur les réseaux sociaux. Face à ce qu'ils qualifient de menace contre les institutions constitutionnelles, les juges recommandent l'ouverture d'enquêtes pénales contre les auteurs de ces contenus.
Cette position soulève des questions sur la place de la critique dans une démocratie. Nikhil Pahwa, fondateur de Medianama, estime que les juges ne devraient pas bénéficier d'un statut privilégié les soustrayant à toute critique légitime, compte tenu de l'impact social de leurs décisions. Il rappelle que des outils juridiques, tels que les lois sur la diffamation et l'outrage à magistrat, existent déjà pour réprimer les abus réels.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large où les tribunaux indiens cherchent de plus en plus à réguler la parole en ligne. Plusieurs hautes cours régionales ont, ces dernières années, exprimé des préoccupations similaires, illustrant la tension croissante entre l'essor des réseaux sociaux et la protection de l'autorité judiciaire.