Andreas Voßkuhle : « Il faut de nouveau s'écouter »
Andreas Voßkuhle, ancien président de la Cour constitutionnelle fédérale, exprime son inquiétude quant à l'état de la démocratie et à l'évolution de l'enseignement supérieur.

Le professeur Andreas Voßkuhle, directeur de l'Institut de sciences politiques et de philosophie du droit à l'Université de Fribourg, a fait part de ses préoccupations concernant l'état de la démocratie allemande et l'évolution de l'enseignement supérieur.
M. Voßkuhle, qui a présidé la Cour constitutionnelle fédérale pendant une décennie, étant le plus jeune à occuper ce poste dans son histoire, souligne la nécessité d'un discours public amélioré. Il observe dans une interview qu'une polarisation croissante entrave le dialogue constructif.
Revenant sur ses années d'études en tant qu'ancien élève de la LMU, M. Voßkuhle constate que l'enseignement universitaire est devenu plus rigide. Il se souvient que les formats d'enseignement antérieurs étaient plus libres, favorisant la pensée indépendante, tandis que l'accent actuel mis sur la préparation aux examens et la réduction du contenu non lié aux examens est préjudiciable.
Concernant le paysage de la recherche, M. Voßkuhle critique l'influence croissante du financement externe et l'« économie de l'attention ». Il suggère que les jeunes chercheurs se sentent souvent obligés de gagner en visibilité, ce qui peut potentiellement conduire à privilégier les apparitions médiatiques par rapport au travail scientifique fondamental. Il souligne également le sous-financement chronique des universités.
M. Voßkuhle exprime sa gratitude pour son mandat de président de la Cour constitutionnelle fédérale, qu'il qualifie d'institution importante. Cependant, il reconnaît qu'après la fin de son mandat, l'attention doit se reporter sur d'autres responsabilités et des questions sociétales plus larges.