L'Australie exclut la musique générée par IA de ses classements ; l'Inde réfléchit
Les classements officiels de musique en Australie n'incluront plus d'enregistrements entièrement générés par IA. Cette décision soulève des questions pour l'industrie musicale indienne concernant le rôle de l'IA dans l'éligibilité aux classements.

L'Australie a décidé d'exclure les enregistrements entièrement générés par intelligence artificielle (IA) de ses classements musicaux officiels à partir de la semaine prochaine, tout en autorisant les enregistrements qui utilisent l'IA générative dans un rôle de soutien. Cette décision soulève une question importante pour l'industrie musicale indienne : les classements officiels indiens devraient-ils différencier la musique substantiellement créée par des humains de celle substantiellement générée par l'IA ?
L'Australian Recording Industry Association (ARIA) a mis à jour son Code de pratique des classements pour s'assurer que les enregistrements assistés par IA ne sont éligibles que s'ils sont "substantiellement créés par des humains" et ne présentent aucun risque de manipulation des classements. Les nouvelles règles entreront en vigueur avec le classement ARIA daté du 31 août.
La Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI) a annoncé en juillet un cadre mondial pour l'éligibilité des enregistrements développés par IA dans les classements officiels. Ce cadre exige le respect des lois sur le droit d'auteur et une signalisation claire de l'utilisation de l'IA. Cependant, l'Inde ne figure pas parmi les programmes de classement nationaux adhérant à ces principes de l'IFPI.
L'Inde possède son propre classement reconnu par l'industrie, le classement IMI International Top 20 Singles, qui couvre actuellement les titres en langue non indienne. Les informations publiquement disponibles de l'IMI n'indiquent aucune règle spécifique concernant la musique générée par IA. Bien que la décision de l'Australie soit pertinente, l'approche du marché musical indien pourrait différer. La question centrale demeure si la musique générée par IA devrait concourir aux mêmes conditions que la musique créée par des humains pour les positions dans les classements en Inde.
Une position dans un classement est plus qu'une simple mesure de streams ; c'est un classement culturel et commercial qui influence la visibilité et le succès perçu d'un artiste. La facilité avec laquelle l'IA peut produire de la musique à moindre coût pose des défis aux systèmes de classement, qui doivent distinguer la demande réelle du public des téléchargements potentiels à grande échelle et de l'activité de streaming artificielle.
Spotify a déjà mis en place des mesures pour lutter contre le spam musical, y compris le contenu généré par IA, et soutient les normes industrielles pour la divulgation de l'IA. La plateforme a également introduit des badges IA Persona pour les profils représentant des individus générés par IA, bien que cela concerne l'identité de l'artiste plutôt que les méthodes de création musicale, comme rapporté par MediaNama.
Les labels indiens naviguent dans ce paysage en évolution, considérant l'IA à la fois comme un risque potentiel pour les catalogues musicaux existants et comme une source de nouvelles opportunités de licence. Selon des leaders de l'industrie tels que Vikram Mehra, directeur général de Saregama, la musique authentique créée par l'homme et dont la provenance est claire pourrait prendre de la valeur à mesure que la musique générée par IA se généralise.