Le tribunal régional de Berlin interdit le transfert de données WhatsApp vers Facebook
Un tribunal de Berlin a interdit à WhatsApp de transférer les données personnelles des utilisateurs allemands vers sa société mère Facebook. La décision concerne la manière dont le consentement au partage de données a été obtenu en 2016.

Le tribunal régional de Berlin a interdit à WhatsApp de transférer les données personnelles des utilisateurs allemands et les informations des non-utilisateurs vers sa société mère, Facebook. La décision, rendue publique le 23 février, fait suite à un long litige initié par la Fédération des organisations allemandes de consommateurs (vzbv).
Le tribunal a particulièrement critiqué la méthode employée par WhatsApp en 2016 pour obtenir le consentement des utilisateurs aux nouvelles conditions d'utilisation. Selon le rapport, les utilisateurs auraient été contraints par des messages push et des notifications sur le site web à accepter le partage de données entre WhatsApp et Facebook, un processus que le tribunal a jugé manquer de transparence et de caractère volontaire. Le tribunal s'est également opposé aux clauses obligeant les utilisateurs à confirmer qu'ils étaient autorisés à partager les données de personnes figurant dans leurs listes de contacts, y compris celles qui n'utilisent pas WhatsApp.
Outre l'interdiction de transfert de données, le tribunal a déclaré irrecevables certaines clauses de la politique de confidentialité alors en vigueur pour les consommateurs résidant habituellement en Allemagne. Cela renforce la position des défenseurs des consommateurs, qui soutiennent depuis des années que les entreprises technologiques mondiales doivent se conformer aux normes locales de protection des consommateurs, même dans leurs conditions générales.
Cependant, la décision ne constitue pas une victoire complète pour le vzbv. Le tribunal a rejeté une partie essentielle de la plainte, qui demandait à obliger WhatsApp à demander activement à Facebook de supprimer les données déjà transférées et à en fournir la preuve. En conséquence, les données déjà transférées avant cette décision restent irréversibles, malgré le fait que le consentement initial ait été jugé illégal.