La Cour des finances clarifie la fiscalité des transferts d'actifs partiellement rémunérés
La Cour fédérale des finances allemande a rendu une décision sur le traitement fiscal des transferts d'actifs impliquant une rémunération partielle entre entités. Cette décision apporte des éclaircissements sur les principes fiscaux pertinents pour les restructurations d'entreprises.

La Cour fédérale des finances allemande (Bundesfinanzhof) a rendu, le 11 décembre 2025, une décision clarifiant le traitement fiscal des transferts d'actifs partiellement rémunérés entre entités. La décision concerne spécifiquement les situations de transfert d'actifs entre l'actif spécial d'une société de personnes (Personengesellschaft) et les actifs de ses associés, où le transfert n'est pas entièrement gratuit mais où la contrepartie reçue est inférieure à la juste valeur marchande de l'actif.
L'affaire portait sur le transfert d'un bien immobilier des actifs spéciaux d'un associé vers les actifs d'une société sœur. Le prix d'achat convenu était inférieur à la juste valeur marchande du bien. Les autorités fiscales et les tribunaux inférieurs avaient appliqué la « théorie de la séparation stricte » (strenge Trennungstheorie), qui divise la transaction en une partie rémunérée et une partie non rémunérée. Cependant, la Cour fédérale des finances a rejeté cette approche et s'est prononcée en faveur de la « théorie de la séparation modifiée » (modifizierte Trennungstheorie). Selon cette dernière, un bénéfice imposable ne survient que dans la mesure où la contrepartie reçue dépasse la valeur comptable de l'actif.
Cette décision vise à faciliter les restructurations d'entreprises. L'application de la théorie de la séparation modifiée signifie qu'il n'est plus nécessaire de déterminer la juste valeur marchande de l'actif, ce qui réduit la bureaucratie et l'incertitude quant aux conséquences fiscales de tels transferts. Cela apporte une clarté pour les scénarios où un transfert constitue économiquement une restructuration interne mais implique une contrepartie, telle que la reprise de dettes de prêt.
La décision est significative car elle aborde une pratique fiscale précédemment controversée. Il reste à voir comment l'administration fiscale et le législateur réagiront à cette décision. Auparavant, les autorités fiscales préconisaient la théorie de la séparation stricte et des ajustements législatifs pour la codifier avaient été discutés. Il reste à déterminer si le législateur interviendra ou s'alignera sur la décision du tribunal. Néanmoins, la décision représente une étape cruciale vers l'établissement de cadres fiscaux plus sûrs pour les transferts d'actifs partiellement rémunérés vers des sociétés de personnes.