CRD VI Article 21c : Comment les banques doivent se préparer
La directive CRD VI de l'UE, article 21c, modifie considérablement le fonctionnement des groupes bancaires de pays tiers en Europe. Malgré des directives vagues sur les détails clés, les banques doivent se préparer à des exigences plus strictes en matière de présence et d'opérations locales.

La directive européenne sur les exigences de fonds propres VI (CRD VI) introduit des changements significatifs pour les groupes bancaires de pays tiers opérant dans l'Espace Économique Européen. L'article 21c, qui entrera en vigueur début 2027, impose que les services bancaires de base tels que le prêt et la réception de dépôts ne puissent être fournis que par des succursales ou des filiales autorisées par l'UE. Ce changement a un impact considérable sur les banques non européennes qui servaient auparavant les clients de l'UE à distance.
Les nouvelles réglementations exigent, entre autres, une structure de filiale si un groupe bancaire de pays tiers possède deux filiales ou plus dans l'UE. De nouvelles exigences s'appliqueront également à la comptabilisation et à la surveillance des transactions pour les succursales de pays tiers. Les établissements doivent clarifier leurs modèles de comptabilisation pour assurer la transparence réglementaire dans les différentes juridictions. Les succursales autorisées seront soumises à une surveillance plus stricte en matière de capital, de liquidité, de gouvernance et de gestion des risques.
Il existe une pression sur le marché car des directives détaillées pour la mise en œuvre de l'article 21c ne sont pas attendues avant 2026, laissant aux banques un court délai pour les ajustements nécessaires. Les institutions doivent démontrer que les opérations de leurs entités européennes reflètent la nature, le risque et le volume de leurs activités tournées vers l'UE ; les simples "sociétés boîtes aux lettres" ne suffiront plus.
Le calendrier de mise en œuvre est serré : les États membres doivent transposer la CRD VI dans leur droit national d'ici début 2026, et son application complète débutera début 2027. Les entreprises doivent utiliser la période de transition pour redéfinir leurs modèles économiques, examiner leurs structures opérationnelles et de comptabilisation, et recalibrer leurs cadres de capital et de liquidité.
Ces changements affectent particulièrement les banques des États-Unis, du Royaume-Uni et d'Asie ayant des opérations existantes dans l'UE. Même les entreprises ayant des structures existantes doivent réévaluer si leurs structures actuelles de comptabilisation, de service et d'entité juridique répondent aux nouvelles exigences de l'UE. Certaines banques pourraient envisager de séparer les activités bancaires commerciales des activités de courtage.