La police de Delhi défend l'usage de la reconnaissance faciale lors des manifestations
La police de Delhi a déclaré à la Cour Suprême avoir utilisé la technologie de reconnaissance faciale uniquement pour identifier les personnes ayant un casier judiciaire, et non pour surveiller la foule. Les plaignants ont contesté cette affirmation.

La police de Delhi a informé la Cour Suprême le 18 août que son utilisation de la technologie de reconnaissance faciale (FRT) lors de récentes manifestations visait uniquement à identifier les personnes ayant un casier judiciaire, et non à surveiller la foule en général. Les avocats des plaignants ont contesté cette affirmation, arguant que la technologie capture intrinsèquement tous les visages avant toute comparaison.
Le tribunal a entendu des arguments concernant la surveillance lors des manifestations à Jantar Mantar. Les experts expliquent que les systèmes de reconnaissance faciale détectent d'abord un visage, en extraient les caractéristiques uniques sous forme de modèle, puis comparent ce modèle à une base de données. Ce processus, souvent décrit comme une identification « un-à-plusieurs », nécessite la détection et le traitement de tous les visages visibles avant qu'une correspondance potentielle ne soit établie avec une base de données criminelle.
Dans sa déclaration sous serment, la police de Delhi a indiqué que le système FRT ne capturait que les visages des personnes précédemment enregistrées pour des infractions et ne établissait pas automatiquement de profil de toutes les personnes présentes. Le système contiendrait des données uniquement sur les personnes accusées d'infractions graves, excluant les délits mineurs. La police a signalé avoir identifié 2 873 personnes ayant un casier judiciaire pendant la période de protestation, dont 92 étaient liées à plusieurs affaires. Le Solicitor General Tushar Mehta a soutenu que le système n'identifie personne de manière indiscriminée, mais vérifie les visages détectés par rapport à la base de données du National Crime Records Bureau des personnes ayant de lourds antécédents criminels.
Cependant, les avocats des plaignants ont répliqué que la technologie collecte inévitablement toutes les images et que la simple collecte et le traitement de ces données soulèvent des préoccupations constitutionnelles. Des questions ont également été soulevées quant à l'origine de la base de données sous-jacente et au sort des empreintes faciales collectées auprès de personnes n'ayant pas de casier judiciaire. L'Inde manque actuellement de législation spécifique régissant la surveillance biométrique ou par reconnaissance faciale, et des enquêtes antérieures ont révélé des lacunes dans la surveillance et les évaluations de confidentialité liées au déploiement de la technologie.