Question préjudicielle à la CJUE sur l'établissement stable : le personnel sera-t-il requis pour la TVA ?
La Cour fédérale des finances allemande demande à la Cour de justice de l'UE si une installation largement automatisée, sans personnel local, peut constituer un établissement stable aux fins de la TVA.

La Cour fédérale des finances allemande (BFH) a saisi la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) d'une question fondamentale susceptible de redéfinir la notion d'établissement stable en matière de TVA. Il s'agit de déterminer si une installation technique largement automatisée, sans personnel sur place, peut constituer un établissement stable ayant des implications fiscales.
L'affaire concerne une entreprise autrichienne qui exploitait en Allemagne une installation de séchage de boues d'épuration, largement automatisée. La surveillance et la maintenance étaient assurées à distance depuis l'Autriche, tandis que les opérations locales, telles que le chargement et la résolution de problèmes, étaient sous-traitées à une entreprise allemande. La question juridique porte sur la définition de cette installation comme établissement stable en Allemagne et, par conséquent, sur la détermination du responsable du paiement de la TVA.
Selon la jurisprudence antérieure de la CJUE, notamment dans l'affaire 'Titanium', un établissement stable nécessite, outre une structure technique, des ressources humaines permettant une action autonome. Une simple infrastructure technique sans personnel n'a généralement pas été jugée suffisante.
La BFH remet en question la nécessité impérative de la présence de personnel, compte tenu du développement technologique et de l'automatisation croissante des processus. Une telle approche pourrait amener la CJUE à accorder plus d'importance aux capacités techniques qu'aux ressources humaines.
De plus, la BFH examine si un établissement stable peut être établi si l'installation ne participe qu'à certaines étapes du service et n'est pas en mesure de fournir l'ensemble de la prestation de manière autonome. La décision à venir de la CJUE aura probablement des conséquences importantes sur le traitement fiscal des entreprises opérant à l'international, en particulier dans le contexte de l'économie numérique et des modèles commerciaux automatisés.