La Commission européenne propose des modifications du droit des sociétés
La Commission européenne a présenté des propositions visant à faciliter la mobilité transfrontalière des entreprises et à numériser le droit des sociétés. L'objectif est de simplifier la création et la restructuration des entreprises au sein de l'UE.

Bruxelles – La Commission européenne a dévoilé des projets de directives destinés à moderniser le droit européen des sociétés, en mettant l'accent sur l'amélioration de la mobilité transfrontalière des entreprises et la numérisation des processus juridiques. Ces propositions visent à simplifier la création et la restructuration des sociétés au sein de l'Union européenne.
La directive concernant la numérisation du droit des sociétés suggère de permettre la création de sociétés à responsabilité limitée en ligne, sans nécessiter de présence physique pour l'enregistrement ou les services de notariat. L'objectif est que les sociétés puissent être créées et enregistrées dans un délai de cinq jours ouvrables après la soumission de tous les documents requis et le règlement des paiements. La Commission propose également l'utilisation de modèles standardisés pour les statuts de sociétés afin d'accélérer le processus. Un meilleur échange d'informations entre les États membres fait également partie du plan, améliorant la surveillance des personnes interdites de fonctions de direction.
La proposition sur la mobilité des sociétés étend les réglementations existantes, actuellement appliquées aux fusions transfrontalières, pour couvrir également les conversions de siège social et les scissions transfrontalières. Selon la proposition, des experts indépendants examineraient ces transactions, suivies d'une évaluation par les autorités nationales des États de départ et d'accueil. Les actionnaires minoritaires auraient le droit de se retirer moyennant compensation, et les droits de consultation des employés seraient renforcés.
La forme finale de ces propositions en tant que directives et leur mise en œuvre subséquente en droit national restent incertaines, le processus législatif étant à ses débuts. Les tentatives antérieures d'harmonisation du droit des sociétés au niveau européen ont progressé lentement. Notamment, le concept de création de société en ligne sans notaire obligatoire a suscité des critiques en Allemagne, où la coalition gouvernementale a préconisé des contrôles préventifs robustes et une vérification d'identité fiable pour les enregistrements en ligne.
Les syndicats ont également exprimé leurs préoccupations quant à un possible affaiblissement des droits de codétermination des employés, citant l'absence de normes minimales de codétermination dans les propositions. Les négociations futures devraient être complexes et nécessiteront probablement des compromis importants entre les États membres pour parvenir à un accord.