La Cour de justice de l'UE clarifie la correction de TVA sur créances irrécouvrables
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu des décisions qui ouvrent de nouvelles possibilités aux entreprises pour rectifier la TVA sur les créances devenues irrécouvrables. Les décisions concernent des cas en Hongrie et en Italie.

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu deux arrêts qui renforcent les droits des entreprises à rectifier la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) lorsque des créances clients sont jugées irrécouvrables. Ces décisions apportent des éclaircissements importants, notamment pour les transactions transfrontalières au sein de l'UE, où les réglementations nationales se sont souvent avérées restrictives.
Dans une affaire concernant la Hongrie, la Cour a statué qu'une société de leasing était habilitée à rectifier la TVA après avoir résilié des contrats de location en raison du non-paiement par les clients. Bien que les autorités fiscales hongroises aient invoqué une loi nationale autorisant des exceptions à la correction de TVA en cas de non-paiement, la CJUE a considéré que la résiliation du contrat constituait une réduction définitive de la créance, relevant d'une autre disposition de la directive TVA et permettant ainsi la correction.
Dans une affaire similaire impliquant l'Italie, la CJUE a donné raison à un entrepreneur souhaitant rectifier la TVA après qu'un client ait été déclaré en état d'insolvabilité. Les autorités italiennes exigeaient qu'une procédure d'insolvabilité complète, pouvant durer jusqu'à dix ans, soit achevée avant qu'une rectification de TVA ne soit possible. La CJUE a jugé cette exigence disproportionnée et contraire au principe de neutralité de la TVA, affirmant qu'une correction devrait être possible dès lors que la perte définitive de la créance est suffisamment probable.
Ces arrêts sont d'une grande importance pour les entreprises opérant dans plusieurs États membres de l'UE. Ils suggèrent que les administrations fiscales ne peuvent pas refuser une rectification de manière généralisée si le caractère irrécouvrable d'une créance est établi ou très probable. Les entreprises devraient donc examiner si des rectifications précédemment refusées pourraient désormais être considérées comme valides.