La Cour de justice de l'UE refuse la protection de la confiance dans les opérations en chaîne
La Cour de justice de l'UE a statué que les entreprises ne peuvent pas invoquer la protection de la confiance en matière de TVA dans les opérations en chaîne si elles ignorent la nature réelle de la transaction. La décision clarifie l'incertitude fiscale et peut avoir des conséquences financières importantes.

Bruxelles. La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a déterminé que les entreprises ne peuvent pas se prévaloir de la protection de la confiance concernant la TVA dans les opérations en chaîne si elles n'ont pas connaissance de la vente sous-jacente à un acheteur ultérieur. Cette décision dissipe les ambiguïtés relatives au traitement de la TVA pour les opérations en chaîne au sein de l'UE et pourrait entraîner des sanctions financières substantielles pour les entreprises impliquées.
Dans un cas spécifique, une entreprise allemande (D) a vendu des produits à une entreprise autrichienne (Ö1), qui les a revendus à une autre entreprise autrichienne (Ö2) à l'insu de D. Le vendeur initial, D, a traité la transaction comme une livraison intra-communautaire en raison de son ignorance de la revente subséquente. L'acheteur final, Ö2, s'est vu refuser le droit de déduire la TVA déductible lorsque la manipulation incorrecte de l'opération en chaîne a été révélée.
La Cour a souligné que le facteur décisif est laquelle des deux livraisons au sein de la chaîne constitue la « livraison mobile » réelle. La décision souligne que le contrôle effectif de la livraison et le transfert de la propriété économique sont cruciaux pour le traitement correct de la TVA. L'ignorance d'une entreprise concernant une revente ne la dispense pas de la responsabilité de déterminer la véritable nature de la chaîne d'approvisionnement.
Les situations où les opérations en chaîne ne sont pas identifiées ou gérées de manière appropriée peuvent entraîner des coûts considérables pour les entreprises, tels que des pénalités d'intérêt ou la perte de TVA déductible. La Cour a noté que, bien qu'Ö2 se soit vu refuser la déduction, il conservait la possibilité de réclamer légalement la TVA payée à son fournisseur, Ö1.
La décision met en évidence la nécessité pour les entreprises d'enquêter méticuleusement sur leurs chaînes d'approvisionnement et de collaborer potentiellement avec leurs partenaires contractuels. La Commission européenne envisage actuellement d'introduire des règles plus unifiées pour la gestion des opérations en chaîne au sein de l'UE, ce qui pourrait réduire les incertitudes futures.