Le secteur européen de la défense fait face à une pénurie de talents
L'industrie européenne de la défense est confrontée à un manque important de travailleurs qualifiés, la demande de talents de haut niveau étant en forte hausse. Les entreprises peinent à recruter des ingénieurs, des techniciens et des spécialistes du numérique, ce qui menace la capacité du secteur à répondre à ses obligations de sécurité.

Le réveil de la défense européenne, marqué par une augmentation des dépenses et des ambitions stratégiques, se heurte à un goulot d'étranglement critique : le manque de personnel qualifié. L'industrie européenne de la défense, qui emploie environ 581 000 personnes, connaît une forte hausse de la demande de main-d'œuvre, avec plus de 40 % d'offres d'emploi supplémentaires par rapport aux niveaux d'avant 2022.
Les difficultés de recrutement d'ingénieurs, de techniciens et de spécialistes du numérique sont généralisées, même si les gouvernements promettent des investissements substantiels. La Commission européenne reconnaît les lacunes en matière de compétences comme une contrainte structurelle susceptible de compromettre la sécurité de l'Europe. L'âge médian des travailleurs de la fabrication de haute technologie étant d'environ 42 à 44 ans, il est impératif de mobiliser les jeunes talents.
Le défi dépasse les simples chiffres ; la défense requiert de plus en plus de compétences avancées en intelligence artificielle également recherchées par les secteurs civils, ce qui intensifie la concurrence. Des années de sous-investissement, une main-d'œuvre vieillissante et des systèmes de formation fragmentés ont épuisé les compétences spécialisées. Attirer les jeunes talents nécessite des salaires compétitifs, des parcours de carrière clairs et la mise en avant de la nature axée sur la mission du travail dans la défense, ce qui séduit près des deux tiers des jeunes.
Relever ce défi exige une approche stratégique de la gestion des talents. Le secteur doit être perçu comme un employeur attractif, offrant des salaires compétitifs, une mobilité professionnelle et un récit fort liant la défense à l'intérêt public et à l'innovation technologique. L'UE lance des programmes de requalification, tandis que les entreprises individuelles et les États membres investissent dans des programmes de formation et d'apprentissage pour favoriser les parcours dans le secteur.