Le mécanisme carbone de l'UE redéfinit l'industrie sidérurgique
Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'UE accentue la pression sur les producteurs d'acier pour réduire leurs émissions et adopter des technologies sobres en carbone.

Bruxelles. Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF) de l'Union européenne, entré en vigueur en octobre 2023, commence à remodeler la fabrication des biens industriels et aura un impact significatif sur l'industrie sidérurgique mondiale. Ce mécanisme vise à soutenir les objectifs de neutralité climatique de l'UE d'ici 2050.
Le MACF oblige les importateurs à payer pour les émissions de carbone liées à leurs marchandises, à l'instar des entreprises de l'UE dans le cadre du système d'échange de quotas d'émission (SEQE). Cette mesure est conçue pour prévenir les « fuites de carbone », c'est-à-dire le déplacement de la production vers des pays où la réglementation climatique est moins stricte. Elle encourage également des pratiques plus durables dans le secteur de l'acier, l'une des industries les plus émettrices de carbone au monde.
Le mécanisme introduit une tarification des émissions de carbone de l'acier importé, dans le but d'égaliser les conditions de concurrence entre les fabricants de l'UE et leurs concurrents mondiaux. Depuis 2023, le MACF suit les émissions provenant à la fois du processus de production et de l'électricité utilisée. À partir de 2026, les importateurs devront acheter des certificats pour couvrir une partie de ces émissions, conformément aux règles de l'UE en matière de tarification du carbone.
Le MACF encourage la transition vers des technologies plus propres, les producteurs d'acier européens étant confrontés à des coûts carbone croissants. Bien que le mécanisme protège les sidérurgistes de l'UE contre les importations moins chères à fortes émissions, sa portée a suscité un débat. Ovako souligne la nécessité d'étendre le MACF pour couvrir davantage de produits sidérurgiques transformés, tels que les engrenages et les essieux, afin d'éviter les fuites de carbone et de protéger la compétitivité de l'UE.
La réduction des émissions de l'industrie sidérurgique nécessite des investissements dans de nouvelles technologies comme l'hydrogène vert pour la réduction directe du fer (DRI) et les fours à arc électrique (EAF). Ces méthodes peuvent réduire considérablement la pollution, mais leur mise en œuvre est coûteuse et prend du temps. Ovako utilise déjà 100 % d'électricité exempte de combustibles fossiles et développe l'utilisation d'hydrogène sans combustibles fossiles pour le chauffage de l'acier, contribuant ainsi à la transition verte du secteur.