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La France voit fuir ses ingénieurs et cadres qualifiés

Le taux d'expatriation des ingénieurs et cadres français qualifiés augmente pour la deuxième année consécutive. Les faibles salaires et perspectives de carrière sont les causes principales.

11 octobre 2026

Le nombre d'ingénieurs et de cadres français hautement qualifiés expatriés continue d'augmenter pour la deuxième année consécutive, selon le Baromètre de l'expatriation et de la fuite des cerveaux 2026, réalisé par Ipsos en partenariat avec la Fédération Syntec. Ce sont principalement les professionnels en milieu de carrière qui cherchent à l'étranger de meilleures opportunités professionnelles qu'ils ne trouvent pas en France.

Les données officielles indiquent que la proportion d'ingénieurs actifs travaillant à l'étranger a atteint 13 % fin 2023, contre 12 % l'année précédente. Fin 2024, on estime que 150 000 ingénieurs travailleront à l'international. Si le taux chez les jeunes diplômés reste stable autour de 9 %, le problème majeur réside dans le départ des talents étrangers formés en France. Environ 27 % des diplômés étrangers formés en France quittent le pays après leurs études, ce qui représente une perte annuelle estimée à 2 milliards d'euros en dépenses publiques de formation.

La France perd du terrain dans la compétition mondiale pour les talents. La mobilité étudiante mondiale a augmenté de 17 % en cinq ans, mais le classement de la France comme pays d'accueil des étudiants internationaux a reculé de deux places, la plaçant huitième. Seulement 33 % des étudiants étrangers formés en France restent dans le pays après cinq ans, contre 52 % au Canada et en Allemagne, ce qui indique un taux de rétention inférieur à celui de ses principaux concurrents.

L'étude suggère que la raison principale du départ n'est pas un rejet de la France en tant qu'environnement de vie, mais un manque de valorisation suffisante des compétences. Les facteurs les plus importants qui encourageraient les professionnels à rester en France sont un revenu net nettement plus élevé (43 % des répondants), de meilleures perspectives de carrière (37 %) et une fiscalité plus faible (32 %). Le développement rapide de l'intelligence artificielle (IA) est également considéré comme un atout potentiel, plus de la moitié (56 %) y voyant une nouvelle opportunité professionnelle.

En conclusion, le rapport souligne que la France possède des atouts fondamentaux solides pour attirer et retenir les talents, tels qu'une éducation de haute qualité, une bonne qualité de vie et une protection sociale. Cependant, le pays peine à être compétitif en termes de niveaux de rémunération, ce qui reflète un décalage en matière de productivité. Pour retrouver sa compétitivité dans la course mondiale aux talents, la France doit avant tout prioriser l'augmentation de sa production économique et de sa richesse.

Source originale: ipsos.com