Cour fiscale fédérale allemande : Les intérêts d'emprunt versés à une société civile de gestion de patrimoine non déductibles
La Cour fédérale des finances allemande (BFH) a statué que les intérêts sur les prêts accordés par des associés à des sociétés civiles de gestion de patrimoine ne sont pas déductibles fiscalement.

La Cour fédérale des finances allemande (Bundesfinanzhof, BFH) a, dans son arrêt du 27 novembre 2024 (Affaire n° I R 19/21), confirmé sa jurisprudence antérieure concernant la reconnaissance fiscale des prêts accordés par des associés à des sociétés civiles gérant du patrimoine. Les intérêts de ces prêts ne sont pas considérés comme des charges déductibles.
Dans le cas d'espèce, une société GmbH & Co. KG (KG), qualifiée de société civile exclusivement dédiée à la gestion de patrimoine, louait un bien immobilier bâti. Une associée avait accordé à la KG un prêt rémunéré en intérêts pour l'acquisition de ce bien. L'administration fiscale avait refusé la déduction des intérêts, arguant que la relation de prêt n'était pas fiscalement reconnaissable entre l'associée et la société.
La BFH a fondé sa décision sur le principe selon lequel les sociétés civiles de gestion de patrimoine sont traitées comme des communautés de biens indivis pour des raisons fiscales. Cela entraîne que les relations d'obligation entre la société et ses associés ne peuvent être fiscalement reconnues en raison de l'absence de distinction des personnes entre créancier et débiteur, phénomène connu sous le nom de "confusion".
L'arrêt précise que ces principes s'appliquent indépendamment du fait que l'associé accorde un prêt à la société ou que la société accorde un prêt à l'associé. La non-reconnaissance fiscale des obligations, telles que les prêts, et par conséquent la non-déductibilité des intérêts, sont la conséquence de cette approche.
Cette jurisprudence de la BFH a également des implications pour les contrats de location entre les sociétés civiles de gestion de patrimoine et leurs associés. Ces derniers pourraient donc également ne pas être fiscalement reconnus si les mêmes principes d'attribution s'appliquent.