Le ministère indien de l'informatique critiqué pour ses procédures de blocage de comptes
Le blocage du compte Instagram de la journaliste Ila Kazmi soulève des questions sur l'application contradictoire de la loi indienne sur les technologies de l'information.
Depuis le 9 septembre 2026, le compte Instagram de la journaliste Ila Kazmi est inaccessible en Inde. Cette affaire a mis en lumière une confusion opérationnelle au sein du ministère de l'Électronique et des Technologies de l'information (MeitY). En réponse à ses demandes, le ministère a déclaré que le compte avait été bloqué en vertu de l'article 79(3)(b) de la loi sur les technologies de l'information (IT Act), une procédure gérée par un service qui, en temps normal, traite les blocages sous l'article 69A.
Il existe pourtant une distinction juridique majeure entre ces deux sections. L'article 69A exige, selon la jurisprudence, une procédure rigoureuse incluant des audiences et des examens périodiques. À l'inverse, l'article 79(3)(b) permet de supprimer l'immunité juridique des plateformes hébergeant des contenus illicites sans offrir de droit de réponse explicite aux utilisateurs. L'implication des autorités de la section 69A dans l'application de la section 79(3)(b) crée une opacité qui empêche les citoyens de contester les décisions.
Malgré des ajustements réglementaires fin 2025 imposant une validation par des fonctionnaires de haut rang pour les ordres de retrait, la transparence reste insuffisante. Les forces de police locales utilisent fréquemment le portail Sahyog pour soumettre ces requêtes, mais les autorités gouvernementales continuent de fournir des justifications floues aux personnes concernées.
La plainte déposée par Mme Kazmi devant la Haute Cour de Delhi conteste la légalité de la suspension d'un compte entier au nom de cet article, arguant qu'un compte représente un support d'expression et non un contenu illégal spécifique. La justice a ordonné aux ministères concernés et à Meta de divulguer les ordres de retrait, une étape jugée nécessaire pour clarifier l'utilisation de ces pouvoirs discrétionnaires par les autorités indiennes.