Un comité parlementaire indien remet en question le statut "Safe Harbour" de Meta après la suppression d'une vidéo du PM
Le comité parlementaire indien sur la technologie de l'information a exigé des excuses de Mark Zuckerberg, PDG de Meta, pour la suppression temporaire d'une vidéo du Premier ministre Modi, menaçant de réexaminer les protections "Safe Harbour" de l'entreprise.

Meta Platforms fait face à une surveillance réglementaire accrue en Inde, après qu'un comité permanent parlementaire sur la technologie de l'information a exigé des "excuses sans réserve" du PDG Mark Zuckerberg concernant la suppression temporaire d'une vidéo du Premier ministre Narendra Modi sur Facebook. Le comité a également indiqué que les protections "Safe Harbour" de Meta, en vertu de la loi indienne sur les technologies de l'information (Information Technology Act), pourraient être réexaminées.
Le comité a exprimé ses préoccupations concernant la suppression de la vidéo, qui montrait le Premier ministre Modi s'adressant à des étudiants au sujet de controverses relatives aux examens et de fuites de sujets. La vidéo est restée indisponible sur Facebook pendant environ cinq à six heures avant d'être restaurée par Meta. Nishikant Dubey, président du comité parlementaire, a déclaré que la suppression de la vidéo du Premier ministre dépassait le rôle d'un intermédiaire et équivalait à agir en tant qu'éditeur.
M. Dubey a donné à M. Zuckerberg trois jours pour présenter des excuses, avertissant qu'à défaut, le comité envisagerait de recommander le retrait des protections "Safe Harbour" accordées aux intermédiaires de médias sociaux en vertu de l'article 79 de la loi sur les technologies de l'information. Cette discussion a eu lieu lors d'une réunion le 3 août, à laquelle ont participé des responsables du ministère de l'Électronique et des Technologies de l'Information (MeitY), du ministère de l'Intérieur (MHA) et des représentants des principales plateformes numériques.
Meta a reconnu auprès du comité l'indisponibilité de la vidéo, l'attribuant à une erreur technique. L'entreprise avait précédemment rétabli l'accès, qualifiant l'incident d'erreur. Le comité parlementaire a également demandé aux plateformes numériques de prendre des mesures immédiates contre le matériel d'abus sexuels sur enfants (CSAM) et le contenu ciblant les femmes, avertissant que des échecs répétés pourraient également affecter leurs protections en tant qu'intermédiaires.
Ces développements s'ajoutent aux défis réglementaires continus de Meta en Inde concernant la modération de contenu, l'application automatisée, la sécurité des enfants et la responsabilité. Des enquêtes menées par la Commission nationale pour la protection des droits de l'enfant (NCPCR) et la Commission nationale des droits de l'homme (NHRC) sur de présumées promotions de CSAM via des publicités Instagram sont également en cours.