La lutte anti-spam de l'Inde basée sur l'IA soulève des inquiétudes
Le système de détection de spam basé sur l'IA de l'autorité indienne de régulation des télécommunications (TRAI) est salué pour ses capacités d'identification, mais critiqué pour son incapacité à arrêter les spammeurs et à signaler à tort des entreprises légitimes.

L'Autorité de régulation des télécommunications de l'Inde (TRAI) a mis en place un système basé sur l'intelligence artificielle (IA) pour lutter contre le spam, mais les discussions révèlent des préoccupations importantes quant à son efficacité et à ses impacts négatifs potentiels.
Les experts ont noté que si l'IA excelle dans la détection de spam, elle ne s'attaque pas à la cause profonde en arrêtant les opérateurs qui le génèrent. Le système risque également d'identifier à tort des entreprises légitimes, entraînant des perturbations. La TRAI utilise les signalements générés par l'IA comme déclencheurs de mesures d'application, ce qui pourrait potentiellement entraîner la déconnexion de numéros sur les réseaux des opérateurs.
Pour les opérateurs de télécommunications, la mise en œuvre de ces règles est coûteuse et perturbatrice. Lorsqu'un numéro est signalé, les opérateurs doivent avertir l'expéditeur, déconnecter tous les numéros associés et procéder à une nouvelle vérification d'identité (KYC). Ce processus entraîne des coûts considérables, en particulier lorsqu'un grand volume de numéros est concerné.
Le système fonctionne sur la base de probabilités, mais applique des mesures comme s'il s'agissait de certitudes. L'absence de mécanismes d'appel clairs pour les entreprises légitimement signalées exacerbe le problème. Ce passage d'un système basé sur les plaintes, qui nécessitait des preuves, à un système de signalement basé sur le comportement pourrait affecter injustement les utilisateurs légitimes.
En outre, une part importante du spam provient d'opérateurs n'ayant pas d'abonnés, qui n'ont donc aucun intérêt à contrôler la qualité. Leur modèle économique repose uniquement sur la transmission du trafic. Des réglementations plus strictes pourraient pousser les petites et moyennes entreprises à utiliser des numéros non réglementés, compliquant ainsi les efforts de prévention du spam.