Le système de consentement promis pour les règles anti-spam en Inde n'est pas opérationnel
Un système destiné à lutter contre le spam par le régulateur indien des télécommunications (TRAI) n'a pas mis en œuvre un mécanisme de consentement crucial, le rendant inefficace. Les discussions ont révélé que la plateforme DLT réglementaire, bien que construite, manque de la couche de consentement de l'utilisateur essentielle à son fonctionnement.

L'Autorité de régulation des télécommunications de l'Inde (TRAI) a établi en 2018 des règles pour endiguer les messages de spam, mais une composante essentielle du système – un mécanisme de consentement – n'a jamais été opérationnalisée. Les Telecom Commercial Communications Customer Preference Regulations (TCCCPR) imposaient une plateforme de technologie de registre distribué (DLT), basée sur la blockchain, pour enregistrer les expéditeurs commerciaux et tracer les messages. Cependant, les critiques soutiennent que la couche de consentement cruciale au cœur du système reste manquante, ce qui nuit considérablement à son efficacité.
Les experts du secteur soulignent qu'en l'absence de consentement explicite de l'utilisateur, le système ne peut pas identifier de manière fiable le spam. "Il n'y a pas de définition du spam. Le spam est dans l'œil de celui qui regarde", a déclaré un intervenant lors d'une table ronde organisée par MediaNama. Un message ne devient du spam que lorsqu'il atteint un destinataire non désiré, ce qui fait de l'enregistrement des préférences individuelles la seule méthode précise de détection.
Le cadre actuel n'offre aucune transparence aux consommateurs concernant leurs accords explicites. Les utilisateurs n'ont aucun enregistrement ni interface pour examiner les consentements qu'ils ont accordés. Cette lacune ouvre également la voie à des consentements trop larges ou potentiellement fabriqués. "Le consentement a été recueilli universellement, même si un numéro 1600 ou 140 est utilisé", a noté un intervenant, suggérant qu'un seul enregistrement peut être interprété comme une permission générale. Il y a également eu des cas où les réseaux ont enregistré des consentements pour des transactions qui n'ont jamais eu lieu.
Bien qu'une tentative antérieure de système de consentement, le mécanisme Digital Consent Acquisition (DCA), n'ait pas trouvé d'écho, de nouvelles initiatives sont en cours. Un récent projet pilote a démontré avec succès un modèle fonctionnel où les consommateurs peuvent facilement révoquer leurs consentements. Un tel système permettrait aux individus de voir toutes les entités à partir desquelles ils ont accepté de recevoir des messages et de se désinscrire si nécessaire. De plus, les nouveaux gestionnaires de consentement introduits dans le cadre du Digital Personal Data Protection (DPDP) Act pourraient potentiellement être intégrés au cadre des télécommunications pour améliorer la conformité et le contrôle des utilisateurs.