Le mentorat : réciprocité et croissance par les différences
Fast Company a publié un article remettant en question les visions traditionnelles du mentorat, soulignant sa nature réciproque et l'importance d'embrasser les différences pour la croissance. L'article suggère que le mentorat se mérite plutôt que d'être directement demandé.

Un récent article dans Fast Company redéfinit le concept de mentorat, soutenant qu'il s'agit d'une relation qui se gagne par un engagement constant et des contributions précieuses, plutôt qu'une transaction initiée par une demande directe. Cette perspective remet en question l'idée courante de solliciter un mentor.
Selon Lisa Fain, PDG du Center for Mentoring Excellence et co-auteure de "Bridging Differences for Better Mentoring", une idée fausse majeure est que le mentorat implique uniquement le transfert de connaissances d'une personne expérimentée vers un apprenti. Fain souligne que le véritable mentorat est une relation réciproque, générant un apprentissage dans les deux sens à travers une "lentille interprétative" où les mentors partagent leurs expériences et explorent comment elles pourraient s'appliquer différemment au mentoré.
L'article souligne également l'erreur de privilégier la similarité dans les associations mentor-mentoré. Les leaders ont souvent tendance à se rapprocher de personnes qui leur ressemblent, ou à éviter complètement de discuter des différences. Fain affirme que cette homogénéité freine la croissance, déclarant que le changement et la transformation se produisent par la "dissonance" et la "friction", plutôt que par le confort et la similitude. Une relation de mentorat construite sur les différences, avec le courage de demander "Qu'est-ce qui me manque ?", peut transformer les deux individus.
De plus, les organisations manquent souvent à comprendre qu'un programme de mentorat n'est qu'un point de départ ; l'objectif ultime est de cultiver une culture de mentorat. L'approche "apparier et prier" (pair and pray), où les programmes sont lancés avec l'espoir qu'ils réussissent, est jugée insuffisante. Un programme crée les conditions, mais c'est la culture qui maintient la pratique du développement de soi et des autres.
Pour les individus recherchant du mentorat, l'article déconseille de commencer par une demande directe. Il recommande plutôt d'identifier une personne dont l'expertise est admirée, d'articuler des raisons spécifiques d'admiration et de demander une seule conversation. Le succès se mesure en suivant ce qui a été appris et appliqué, gagnant ainsi la relation avant de la nommer formellement. Ce processus est décrit comme le début d'un apprentissage transformateur.