Nouveaux outils anti-paludisme : un million de vies sauvées, mais des progrès menacés par la résistance
De nouveaux outils de prévention du paludisme ont sauvé environ un million de vies en 2024, mais ces progrès sont menacés par la résistance croissante aux médicaments et une augmentation des cas par rapport à l'année précédente.

De nouveaux outils de prévention du paludisme, notamment des moustiquaires imprégnées d'insecticide à double action et des vaccins recommandés par l'OMS, auraient sauvé un million de vies en 2024, permettant d'éviter environ 170 millions de cas dans le monde. Le Rapport mondial sur le paludisme, publié annuellement par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), souligne que ces outils sont de plus en plus intégrés dans les systèmes de santé.
Depuis l'approbation par l'OMS des premiers vaccins antipaludiques du monde en 2021, 24 pays les ont introduits dans leurs programmes de vaccination de routine. La chimioprévention saisonnière du paludisme a également été étendue, atteignant 54 millions d'enfants dans 20 pays en 2024. Des progrès notables ont aussi été réalisés dans l'élimination du paludisme, avec 47 pays et un territoire certifiés exempts de paludisme par l'OMS.
Malgré ces avancées, on estime que 282 millions de cas de paludisme ont été enregistrés en 2024, soit une augmentation d'environ 9 millions par rapport à l'année précédente. Le nombre de décès s'est élevé à environ 610 000, dont 95 % sont survenus dans la Région africaine de l'OMS, principalement chez les enfants de moins de cinq ans. Une préoccupation majeure est la menace croissante de résistance aux médicaments antipaludiques, qui entrave les efforts d'élimination de la maladie.
« Les nouveaux outils de prévention nous donnent un nouvel espoir, mais nous sommes encore confrontés à des défis considérables », a déclaré le Directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Il a souligné que l'augmentation des cas, la menace de résistance aux médicaments et les réductions de financement risquent d'annuler les progrès accomplis. Il a toutefois affirmé que ces défis ne sont pas insurmontables grâce au leadership et à des investissements ciblés.
Le rapport détaille les préoccupations croissantes concernant la résistance aux dérivés de l'artémisinine, une pierre angulaire du traitement du paludisme. La résistance a été confirmée ou suspectée dans au moins huit pays africains. De plus, la résistance aux insecticides chez les moustiques et la propagation d'espèces envahissantes comme Anopheles stephensi compliquent les efforts de contrôle. Les événements météorologiques extrêmes et les conflits actuels contribuent également à l'augmentation des épidémies de paludisme.