Nouvelle méthode d'extraction du lithium à partir de sel solide minimisant l'usage d'eau douce
Des chercheurs de l'Université Monash ont développé une nouvelle technique pour extraire le lithium des mélanges de sels solides, réduisant considérablement le besoin en eau douce et en énergie par rapport aux méthodes traditionnelles de production de batteries.

Une équipe de scientifiques de l'Université Monash en Australie a mis au point une méthode novatrice pour récupérer le lithium, un composant essentiel à la fabrication des batteries. Ce procédé extrait le lithium à partir de mélanges de sels solides contenant du lithium, plutôt que de saumures liquides. Cette nouvelle approche nécessite beaucoup moins d'eau douce et d'énergie, offrant une alternative plus respectueuse de l'environnement pour l'extraction du lithium.
Actuellement, le lithium est principalement obtenu de deux manières : par l'exploitation de roches solides suivie d'un raffinage, ou par évaporation de saumures riches en lithium dans de grands bassins. Les procédés d'évaporation peuvent prendre des mois, voire des années, pour obtenir une solution de chlorure de lithium concentrée et utilisable. Bien qu'il existe des méthodes d'extraction directe du lithium (DLE) plus rapides, elles consomment d'énormes quantités d'eau douce, une ressource rare dans les régions arides où ces saumures sont présentes, ce qui a de graves conséquences pour les écosystèmes locaux et les communautés. De plus, ces méthodes traditionnelles sont inefficaces, ne récupérant pas plus de la moitié du lithium disponible.
La technique développée par les scientifiques de l'Université Monash utilise la croûte de sel solide qui reste après l'évaporation, dans laquelle le lithium est lié. Les chercheurs lavent le sel à l'aide de solvants industriels tels que l'éthanol et l'acétone. Ces liquides organiques dissolvent le lithium tout en le séparant des impuretés comme le bore et le sulfate. Ces impuretés adhèrent généralement à la matrice de lithium et nécessitent des traitements chimiques distincts dans les méthodes conventionnelles. Cela minimise le besoin d'utiliser de grandes quantités d'eau douce.
Le lithium récupéré atteint une grande pureté directement après l'extraction, ce qui facilite son utilisation dans les batteries. La méthode permettrait d'extraire jusqu'à 95 % du lithium, soit près du double du rendement des procédés conventionnels. L'université a déposé une demande de brevet pour cette technologie, qui représente une avancée significative vers une production de lithium plus durable et plus efficace.