L'éthique DIY du Punk trouve une nouvelle vie dans les conseils d'administration
L'esprit anti-establishment et l'esthétique du "faites-le vous-même" du punk rock influencent de manière inattendue le monde des affaires. Le consultant en expérience client Adrian Swinscoe est parmi ceux qui appliquent l'énergie brute et la franchise du punk à la stratégie d'entreprise.

L'esprit anti-establishment et l'esthétique du "faites-le vous-même" du punk rock influencent de manière inattendue le monde des affaires, remettant en question les pratiques traditionnelles des entreprises. Le consultant en expérience client Adrian Swinscoe est une figure clé dans l'application de l'énergie brute et de la franchise du punk aux affaires.
Swinscoe s'est lassé il y a des années de voir l'expérience client devenir trop technique et détachée d'une véritable connexion client. Il a comparé la situation à la naissance du punk rock dans les années 1970, né en réaction à la commercialisation et à la surproduction du rock. Swinscoe a publié en 2019 "Punk CX", un livre qui utilise l'esthétique punk pour se recentrer sur l'essentiel : simplifier l'expérience client et mettre l'accent sur l'authenticité.
Au-delà de son livre, Swinscoe a étendu la marque Punk CX avec un deuxième volume, "Punk XL" (Experience Leadership), et un podcast du même nom. Le podcast présente des interviews de dirigeants de grandes entreprises et de startups qui ont adopté des principes similaires. Cette tendance ne se limite pas à l'expérience client ; les capital-risqueurs, les sociétés immobilières et les professionnels des ressources humaines adoptent également des influences punk.
Cependant, le phénomène suscite des réactions mitigées. Les racines de la culture punk résident dans l'opposition aux grandes entreprises, l'éthique du DIY et la solidarité communautaire. De nombreux représentants originaux de la scène punk trouvent contradictoires les "applications punk" dans le monde des affaires. Jim Ruland, auteur de "Corporate Rock Sucks", qualifie la "mentalité punk" des entreprises d'absurde.
La contradiction est également reconnue dans le domaine. Laurie Ruettimann, consultante RH et animatrice du podcast "Punk Rock HR", affirme qu'on ne peut pas être punk et participer au capitalisme en même temps. Elle décrit sa vie comme une tension constante entre son idéalisme et la réalité économique, admettant s'être "vendue" pour obtenir une assurance maladie et pouvoir rembourser ses prêts étudiants. Néanmoins, elle s'efforce d'agir conformément à ses valeurs et d'aider les autres à concilier leurs principes avec leur besoin de gagner leur vie dans le monde des affaires.