Cardiopathie rhumatismale : un enjeu majeur pour les jeunes et les populations démunies
La cardiopathie rhumatismale (CPR) est la principale maladie cardiaque chez les moins de 25 ans, touchant 55 millions de personnes dans le monde et causant 360 000 décès annuels, majoritairement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.

La cardiopathie rhumatismale (CPR) constitue un problème de santé publique majeur, affectant environ 55 millions de personnes dans le monde et causant près de 360 000 décès par an, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. C'est la cardiopathie acquise la plus fréquente chez les personnes de moins de 25 ans, pouvant entraîner une incapacité permanente ou un décès prématuré.
La maladie débute par une réaction auto-immune à une infection par le streptocoque du groupe A, le plus souvent une angine ou une infection cutanée. Chez les personnes prédisposées, le système immunitaire attaque par erreur les valves cardiaques, provoquant inflammation et cicatrisation. Cette phase inflammatoire est appelée fièvre rhumatismale, et les dommages chroniques résultants aux valves cardiaques définissent la CPR.
La CPR touche de manière disproportionnée les enfants et les adolescents des communautés pauvres ayant un accès limité aux soins de santé. Les mauvaises conditions de vie et la promiscuité sont des facteurs de risque importants. Chez les femmes enceintes atteintes de CPR, les risques de complications telles que les arythmies et l'insuffisance cardiaque augmentent, en raison de la surcharge des valves endommagées. La CPR est une cause majeure de mortalité maternelle et périnatale dans les régions endémiques.
Il n'existe pas de remède pour la CPR, et les lésions valvulaires sont permanentes. Les cas graves nécessitent souvent une intervention chirurgicale pour réparer ou remplacer les valves endommagées. Ces procédures peuvent être inaccessibles ou prohibitivement coûteuses dans les régions à faibles ressources. La prévention repose sur le traitement rapide des infections à streptocoques par antibiotiques et la lutte contre les facteurs socio-économiques favorisant l'infection et limitant l'accès aux soins.