Le trafic non humain bouleverse les modèles économiques du web
Plus de la moitié du trafic internet est désormais générée par des robots, remettant en cause la dépendance des sites aux moteurs de recherche et aux réseaux sociaux.

Pour la première fois, plus de la moitié du trafic internet mondial n'est pas d'origine humaine, selon les données publiées par Cloudflare. Ce constat fragilise le modèle économique qui prévaut depuis trois décennies sur le web, où la visibilité offerte par les moteurs de recherche et les plateformes sociales servait de base au développement des entreprises.
Maria Ressa, prix Nobel et dirigeante du média Rappler, souligne que le trafic de référence vers les sites d'information a chuté de manière drastique. Parallèlement, le recours intensif des entreprises d'intelligence artificielle au « scraping » des contenus web impose des coûts opérationnels accrus aux éditeurs, contraints de financer des ressources serveurs pour répondre aux requêtes de robots plutôt qu'à celles de clients réels.
Les chiffres de Cloudflare confirment cette tendance, le volume des requêtes liées à l'entraînement des modèles d'IA étant passé de 22 % au printemps 2025 à 52 % en juin 2026. Cette mutation contraint désormais les organisations à revoir leurs stratégies de distribution afin de réduire leur dépendance aux plateformes tierces.