La hausse des coûts des soins vétérinaires aux États-Unis
Les tarifs des services vétérinaires ont progressé de 67 % depuis 2017, portés par des investissements technologiques et une concentration accrue des cliniques par des groupes privés.

Aux États-Unis, le coût des soins vétérinaires progresse plus rapidement que l'inflation générale. Selon les données du Bureau of Labor Statistics, les prix ont bondi de 67 % depuis 2017, contre 38 % pour l'indice global des prix à la consommation. Cette inflation tarifaire contraint de nombreux propriétaires à reporter les soins préventifs ou à s'endetter pour financer les traitements nécessaires à leurs animaux.
Cette tendance s'explique par une médicalisation accrue du secteur. Les cliniques investissent massivement dans des équipements de haute technologie, tels que l'imagerie par résonance magnétique (IRM), auparavant réservés à la médecine humaine. Parallèlement, le modèle économique du secteur a muté : la propriété des cliniques s'est concentrée au profit de grands groupes et de sociétés de capital-investissement. Selon le cabinet Brakke Consulting, la part des cliniques détenues par ces groupes est passée de 11 % en 2017 à environ 30 % en 2024, atteignant même 75 à 80 % dans les cliniques spécialisées et les services d'urgence.
Le secteur est devenu une cible privilégiée pour les investisseurs en raison d'une demande inélastique et d'un paiement majoritairement direct par les propriétaires, sans l'intermédiation des assurances qui pourraient limiter les prix. Une enquête de l'autorité britannique de la concurrence a révélé que les grands groupes vétérinaires facturaient en moyenne 18 % de plus que les praticiens indépendants, un constat qui alimente les débats sur la régulation du marché.
Face à ces dérives, les autorités de régulation américaines, comme la Federal Trade Commission (FTC), interviennent désormais plus systématiquement lors des fusions et acquisitions. Malgré ces mesures, la baisse des visites de routine observée l'année dernière témoigne de la précarisation croissante des propriétaires face à ces dépenses de santé.