L'altération des roches peut compenser les émissions de CO2 du pergélisol
Une nouvelle étude révèle que si le dégel du pergélisol libère du carbone, l'altération des roches peut également séquestrer du dioxyde de carbone de l'atmosphère. Ce processus géologique pourrait ralentir considérablement le réchauffement climatique.

Une nouvelle étude publiée dans la revue Nature révèle que si le dégel du pergélisol libère du carbone, l'altération des roches peut également favoriser l'élimination du dioxyde de carbone de l'atmosphère. Ce processus géologique, jusqu'alors peu pris en compte dans les modèles climatiques, pourrait ralentir considérablement le réchauffement climatique.
Le changement climatique provoque le dégel du pergélisol à l'échelle mondiale, libérant d'importantes quantités de carbone organique. Ce carbone est converti en dioxyde de carbone (CO2) dans les rivières, puis émis dans l'atmosphère, créant une boucle de rétroaction positive qui accélère le réchauffement. Cependant, l'étude a trouvé des preuves que l'altération des roches peut atténuer ce cycle.
La recherche s'est concentrée sur les systèmes fluviaux du plateau Qinghai-Tibet, la plus grande région de pergélisol contigu en dehors de l'Arctique et de l'Antarctique. L'équipe a combiné des mesures d'émissions de CO2 avec des analyses chimiques dans 50 rivières pour quantifier comment l'équilibre entre la séquestration et le rejet de CO2 évolue dans les environnements de pergélisol en dégel.
Les résultats suggèrent que le carbone séquestré par l'altération peut compenser jusqu'à 35 % des émissions de CO2 fluviales dans la région étudiée. Dans les zones de pergélisol continu, l'altération compense 15 % des émissions, tandis que dans les zones de pergélisol sporadique ou absent, ce chiffre peut dépasser 100 %, indiquant un rôle croissant de l'altération des roches à mesure que le pergélisol fond.
Les chercheurs soulignent que l'impact de l'altération dépend du type de minéraux libérés. L'altération des minéraux silicatés, prévalente sur le plateau, peut séquestrer du CO2, tandis que l'altération des minéraux sulfurés comme la pyrite peut augmenter les émissions. Cette étude multidisciplinaire relie les cycles du carbone inorganique et organique sur des échelles de temps pertinentes pour l'impact humain.