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Technologie

La décarbonisation du transport maritime nécessite une analyse du cycle de vie et des outils économiques

Des chercheurs de l'Université Chalmers de Technologie ont analysé les politiques climatiques pour le secteur maritime. Leur étude conclut que la réduction des émissions nécessite à la fois une évaluation des impacts environnementaux sur le cycle de vie et des instruments économiques.

19 juin 2026
La décarbonisation du transport maritime nécessite une analyse du cycle de vie et des outils économiques

Une étude menée par des chercheurs du département des sciences de l'énergie et de l'environnement de l'Université Chalmers de Technologie a analysé le cadre climatique mondial proposé par l'Organisation Maritime Internationale (OMI) pour le transport maritime. L'objectif de la recherche était de comparer différentes approches pour guider la transition vers des carburants marins sans fossiles.

L'étude révèle que le « Cadre Zéro Net » (NZF) de l'OMI, combinant une norme d'intensité carbone des carburants basée sur des objectifs et un mécanisme économique, influence considérablement les choix de carburants. En l'absence d'un budget carbone mondial, le cadre privilégie les biocarburants en raison de leur coût relativement bas. Cependant, lorsque les ressources entrent en concurrence entre les secteurs, notamment dans le cadre d'un objectif climatique de 2°C, le paysage change. L'ammoniac vert produit à partir d'énergies renouvelables et la bioénergie avec capture et stockage du carbone (BECCS) émergent comme les options de carburant les plus rentables.

Les chercheurs préviennent qu'un simple mécanisme de tarification, tel qu'une taxe maritime sans norme de carburant basée sur le cycle de vie, risque de déplacer les émissions. L'ammoniac gris, produit à partir de gaz naturel fossile sans capture de carbone, pourrait devenir l'option la moins chère, car la taxe ne cible que les émissions d'échappement, négligeant les émissions potentiellement en amont de la production de carburant.

Les chercheurs soulignent que les mécanismes de tarification et de normes sont complémentaires et nécessaires. La norme de carburant garantit que les émissions ne sont pas déplacées, tandis que la tarification incite les armateurs à se conformer. Se fier uniquement à la tarification pourrait pérenniser les combustibles fossiles, tandis qu'une norme seule ne génère aucun revenu pour les incitations. L'étude souligne que la conception des réglementations peut être aussi cruciale que le développement technologique.

L'étude a également examiné des impacts environnementaux plus larges au-delà des émissions de gaz à effet de serre, notamment l'utilisation des terres et l'eutrophisation. La transition vers l'ammoniac présente un risque accru d'émissions de composés azotés, nécessitant une réglementation plus stricte de la qualité de l'air. L'adoption de biocarburants comporte des risques pour l'utilisation des terres. Cependant, la transition réduit les émissions de particules et l'acidification.

Source originale: chalmers.se