Selon une étude, la couverture médiatique de la sécurité routière en Afrique ne reflète pas l'ampleur de la crise
Une nouvelle étude révèle que les reportages sur la sécurité routière en Afrique échouent largement à informer le public sur la nature, l'impact et l'ampleur de la crise croissante.

Les décès liés aux accidents de la route dans la Région africaine de l'OMS ont augmenté de 17 % entre 2010 et 2021, plus rapidement que dans toute autre région. Cette région représente près d'un cinquième des décès annuels mondiaux dus aux accidents de la route, bien qu'elle ne détienne que 3 % des véhicules immatriculés dans le monde.
Une nouvelle analyse de près de 1 000 articles de presse provenant de cinq pays africains anglophones indique que la couverture médiatique occulte fréquemment le fait que les décès sur la route sont évitables. Les reportages négligent également souvent les causes systémiques telles que les infrastructures déficientes et les lois et réglementations inadéquates.
« Cette étude historique montre que, en matière de sécurité routière, l'information doit rattraper la science. Les médias ont un rôle crucial à jouer pour exiger des politiques et des actions qui sauvent des vies, nous devons donc les aider à approfondir les faits, les données et ce qui fonctionne pour réduire les décès sur la route », a déclaré le Dr Nhan Tran, responsable de la sécurité et de la mobilité à l'OMS.
Le rapport, intitulé « Content analysis of media coverage of road collisions and road safety in Africa », produit par Science Africa avec le soutien de l'OMS et de Bloomberg Philanthropies, a révélé que 45 % des reportages blâmaient le mauvais comportement des conducteurs comme cause principale des accidents. La victimisation était répandue, tandis que les problèmes systémiques tels que l'infrastructure ou les défaillances du système de transport n'étaient abordés que dans une fraction des reportages.
Les conclusions alimenteront la prochaine Quatrième Conférence ministérielle mondiale sur la sécurité routière à Marrakech, au Maroc, où une session spéciale sera consacrée à l'évolution du discours sur les questions de sécurité routière.