Étude : L'agroforesterie ombragée favorise la biodiversité des amphibiens dans les Andes
Des chercheurs du Senckenberg démontrent que la connexion entre forêts et cultures durables protège mieux les amphibiens que des zones protégées isolées.

La survie des amphibiens dans les Andes colombiennes est intrinsèquement liée aux méthodes agricoles, selon une étude publiée dans Agriculture, Ecosystems & Environment. Les chercheurs du centre Senckenberg, sous la direction de Raffael Ernst, ont démontré que les systèmes d'agroforesterie, qui utilisent des arbres pour ombrager les cultures, soutiennent une richesse spécifique bien plus élevée que l'élevage intensif.
En analysant 34 sites d'étude, l'équipe a recensé près de 3 800 amphibiens. Les données confirment que l'élevage bovin intensif entraîne une dégradation structurelle des paysages, réduisant drastiquement la biodiversité. À l'inverse, les plantations de café ou de cacao intégrées sous un couvert forestier offrent des micro-habitats essentiels à la préservation des espèces.
L'étude conclut que la création de zones protégées isolées ne suffit pas à contrer le déclin des populations d'amphibiens. Les auteurs préconisent une approche en « mosaïque-matrice », combinant fragments de forêts naturelles et systèmes agroforestiers durables. Cette stratégie vise à concilier les besoins économiques des producteurs locaux avec les impératifs de conservation de la biodiversité à travers le paysage.