Une menace de suicide peut justifier un licenciement immédiat
La menace de suicide d'un employé peut justifier un licenciement immédiat, surtout si elle est utilisée pour faire pression sur l'employeur afin d'atteindre un objectif spécifique, selon une décision de justice allemande.

En février 2018, Alexandra Hecht, avocate chez dhpg, a commenté une affaire juridique où la menace de suicide d'un employé pouvait conduire à un licenciement. Selon une décision de la Cour fédérale du travail allemande, la menace de suicide ou de massacre d'un employé peut justifier un licenciement immédiat, particulièrement si la menace vise à atteindre un objectif précis vis-à-vis de l'employeur.
L'affaire concernait un employé qui travaillait comme cantonnier depuis 1992 et qui, après un congé maladie, participait à un programme de réintégration professionnelle. Pendant ce programme, il a tenu des propos interprétés par d'autres participants comme des menaces de suicide et de massacre. La police a été appelée et l'individu a été transporté à l'hôpital où il a été jugé ne pas représenter de danger.
L'employeur a ensuite résilié le contrat de l'employé avec effet immédiat pour motif grave, arguant que la menace était une tactique pour atteindre ses objectifs personnels. L'employé a contesté le licenciement devant les tribunaux. Bien qu'un tribunal inférieur ait initialement statué en faveur de l'employé, la Cour fédérale du travail a annulé la décision et renvoyé l'affaire pour nouvel examen.
La Cour fédérale du travail a déclaré qu'une menace sérieuse contre la sécurité de l'employeur ou des collègues peut constituer un motif de licenciement, car elle enfreint le devoir de diligence de l'employé. En particulier, si la menace vise à atteindre un certain résultat, comme éviter certaines tâches professionnelles, elle peut justifier un licenciement. Cependant, la Cour a demandé une enquête plus approfondie pour déterminer si la menace de l'employé était sérieuse.
Alexandra Hecht a souligné que de telles menaces, même lorsqu'elles sont prononcées dans le cadre d'un processus de réintégration interne, ne diminuent pas leur gravité et ne les empêchent pas d'être utilisées comme motif de licenciement. L'affaire souligne la responsabilité des employés quant à leur comportement sur le lieu de travail, même dans des circonstances difficiles.