Droit fiscal : La Cour fédérale des finances clarifie les conditions d'exonération fiscale des revenus de restructuration
La Cour fédérale des finances allemande (BFH) a rendu le 9 août 2024 une décision précisant les conditions dans lesquelles les revenus issus de l'abandon de créances dans le cadre de restructurations d'entreprises peuvent être exonérés d'impôt.

La Cour fédérale des finances allemande (Bundesfinanzhof, BFH) a, dans une décision du 9 août 2024 destinée à la publication (affaire X B 94/23), clarifié les conditions d'exonération fiscale des revenus découlant d'abandons de créances dans le contexte de restructurations d'entreprises, conformément à l'article 3a de la loi allemande sur l'impôt sur le revenu (EStG).
Cette réglementation, introduite en 2017, permet que les accroissements d'actifs ou les revenus d'entreprise issus d'un abandon de créance visant une restructuration d'entreprise soient exemptés d'impôt. Cette disposition faisait suite à l'invalidation par la Cour fédérale des finances d'un décret de restructuration de 2003.
L'affaire concernait un associé unique d'une société en commandite (KG) exploitant des stations-service. En 2014, un créancier, une société anonyme (AG), a renoncé à ses créances d'environ 3,7 millions d'euros en contrepartie d'un paiement de 50 000 euros. L'associé a demandé l'exonération fiscale pour ce bénéfice comptable.
La BFH a confirmé la décision des juridictions inférieures, jugeant que l'adéquation de l'abandon de créance à une restructuration et l'intention de restructuration du créancier n'avaient pas été suffisamment démontrées. La Cour a souligné qu'un concept de restructuration clair et vérifiable, ainsi qu'un résultat de restructuration réussi, sont nécessaires pour bénéficier de l'exonération fiscale, et non seulement un abandon partiel ou total de dette.
La Cour fédérale des finances a également réaffirmé sa jurisprudence établie, indiquant que les directives antérieures relatives à la réglementation précédente de l'article 3 n° 66 de l'EStG et au décret de restructuration de 2003 devaient continuer à éclairer l'interprétation des critères d'exonération fiscale selon l'article 3a (2) de l'EStG.