Stades sportifs financés par les contribuables : un bilan économique mitigé
Les nouveaux stades sportifs bénéficient souvent de financements publics, mais la recherche montre que les contribuables récupèrent rarement leur investissement. Les fonds pourraient être mieux utilisés ailleurs.

La passion pour le sport est largement répandue, mais les avantages économiques des stades financés par les fonds publics pour les contribuables sont souvent surestimés, selon la recherche. Malgré les milliards de revenus générés par les ligues sportives professionnelles, de nombreux nouveaux stades dépendent fortement du financement public. Entre 1970 et 2020, les contribuables américains et canadiens ont contribué à hauteur d'environ 33 milliards de dollars à la construction d'installations sportives, soit environ 73 % du coût total.
Les ligues et les franchises promettent souvent la création d'emplois, la croissance économique et l'amélioration des infrastructures en échange de fonds publics. Elles peuvent également menacer de déménager si des subventions ne sont pas accordées. Cependant, les économistes soutiennent que ces avantages promis ne se concrétisent souvent pas.
Des études ont montré que les stades sportifs ont eu peu ou pas d'impact systématique sur l'ouverture de nouvelles entreprises ou sur la croissance économique globale. La recherche sur le Truist Park d'Atlanta, par exemple, a révélé que les revenus fiscaux générés n'ont pas compensé les coûts publics de construction et d'entretien du stade, entraînant des pertes annuelles pour les contribuables d'environ 15 millions de dollars.
De plus, les stades peuvent engendrer des externalités négatives telles que la congestion routière les jours de match, la pollution et une augmentation potentielle de la criminalité. Les dépenses effectuées dans les stades représentent souvent une réaffectation des budgets de loisirs des résidents plutôt qu'une nouvelle activité économique. Les experts suggèrent que les fonds publics alloués à la construction de stades pourraient générer de plus grands avantages s'ils étaient investis dans d'autres domaines tels que les infrastructures publiques, l'éducation ou la santé.