Le coût élevé de la dette émotionnelle pour les dirigeants
Éviter les émotions peut entraîner une "dette émotionnelle", affectant négativement le leadership et la performance cognitive. Les sentiments non traités s'accumulent comme une usure physiologique.

De nouvelles analyses indiquent que le fait d'éviter les émotions entraîne des coûts importants et cumulatifs pour les dirigeants d'entreprise. Inc. Magazine rapporte que ce phénomène, appelé "dette émotionnelle", peut s'apparenter à une dette financière, accumulant des intérêts et affectant négativement la performance en matière de leadership.
Les réactions supprimées et les sentiments différés ne disparaissent pas ; ils s'accumulent comme une usure physiologique du corps, connue sous le nom de "charge allostatique". Cette pression soutenue réduit ce que les chercheurs appellent la "fenêtre de tolérance" – la zone dans laquelle une personne peut penser clairement, répondre de manière réfléchie et se connecter avec les autres. Lorsque cette fenêtre se rétrécit, la réactivité augmente et le jugement se dégrade.
La recherche indique que la suppression émotionnelle est négativement liée à la performance en leadership. Les dirigeants qui masquent leurs sentiments consacrent de l'énergie cognitive à maintenir une façade, énergie qui n'est plus disponible pour le travail lui-même, ce qui diminue leur efficacité et leur capacité de décision.
Les coachs en leadership soulignent que la conscience est la première étape pour gérer la dette émotionnelle. Identifier et reconnaître les sensations corporelles est essentiel. L'activité physique, comme la marche ou la course, peut interrompre la réponse au stress et permettre aux émotions de passer. Les pratiques de respiration consciente, comme la respiration en boîte (box breathing), peuvent aider à réguler le système nerveux et à signaler la sécurité.
L'ancrage par les sens et le retour au moment présent offrent également un moyen de retrouver la régulation. Il est encouragé pour les dirigeants d'identifier leurs besoins fondamentaux, tels que manger ou se reposer, et de rechercher un retour d'information de la part de professionnels ou de pairs si nécessaire.