L'origine de la codification couleur de la politique américaine
La convention actuelle associant le rouge aux républicains et le bleu aux démocrates s'est imposée après l'élection présidentielle de 2000.

L'attribution des couleurs rouge et bleu aux partis politiques américains ne résulte d'aucun choix idéologique historique. Pendant plusieurs décennies, les chaînes de télévision américaines utilisaient des schémas de couleurs variables pour représenter les candidats. En 1976, par exemple, le candidat républicain Gerald Ford était associé au bleu et le démocrate Jimmy Carter au rouge.
La normalisation de ce code couleur a eu lieu lors de l'élection présidentielle de 2000. Le recomptage prolongé des voix en Floride a contraint les médias à diffuser les mêmes cartes électorales pendant des semaines, fixant ainsi durablement l'association du rouge à George W. Bush et du bleu à Al Gore dans l'esprit du public.
Les spécialistes des sciences politiques soulignent que cette représentation graphique simplifie à outrance la réalité électorale. En utilisant une couleur unie pour l'ensemble d'un État en fonction du vainqueur, ces cartes masquent les nuances et les marges de victoire réelles. Cette méthode visuelle tend à accentuer l'impression de polarisation du pays, alors que le corps électoral est souvent beaucoup plus diversifié que ce que suggère le bipartisme chromatique.