L'administration Trump cherche à limiter l'application des lois environnementales par les citoyens
Le ministère de la Justice américain a plaidé devant les tribunaux que les citoyens ne devraient pas être autorisés à poursuivre en justice pour des violations environnementales si le gouvernement ne s'y oppose pas, affaiblissant potentiellement la surveillance réglementaire.

L'administration Trump tente de restreindre la capacité du public à faire appliquer les lois environnementales devant les tribunaux. Dans un récent mémoire judiciaire, le ministère de la Justice américain a soutenu que les actions citoyennes, un mécanisme clé pour la protection de l'environnement depuis des décennies, ne devraient pas aboutir si le gouvernement fédéral ne s'oppose pas aux violations alléguées. Cette position remet en question le rôle de longue date des citoyens et des groupes de défense dans la responsabilisation des pollueurs.
Les dispositions relatives aux actions citoyennes sont intégrées dans les principales législations environnementales, notamment le Clean Air Act et le Clean Water Act. Elles permettent aux individus et aux groupes d'intenter une action en justice lorsque les agences gouvernementales ne parviennent pas à faire respecter les réglementations. Ces dispositions ont joué un rôle déterminant dans de nombreuses affaires, obligeant les entreprises à cesser leurs activités polluantes, à payer des amendes et à entreprendre des efforts de dépollution. Par exemple, les actions citoyennes ont abouti à des millions de dollars d'amendes pour des émissions illégales et à la dépollution de voies navigables contaminées.
Le débat actuel s'est intensifié suite à une plainte déposée par la NAACP contre la société d'IA xAI d'Elon Musk, alléguant des violations du Clean Air Act liées à l'exploitation de turbines de production d'électricité. La demande du ministère de la Justice de rejeter l'affaire, invoquant le principe selon lequel les actions citoyennes sont interdites si le gouvernement ne désapprouve pas le comportement, a suscité de vives critiques de la part des défenseurs de l'environnement.
Les critiques soutiennent que la position de l'administration pourrait considérablement affaiblir l'application des lois environnementales. Si les citoyens ne peuvent plus engager d'actions en justice lorsque la surveillance gouvernementale est insuffisante ou inefficace, cela pourrait entraîner une augmentation de la pollution et de la dégradation de l'environnement. Ce changement pourrait imposer un fardeau plus important aux agences fédérales pour identifier et traiter proactivement toutes les violations, une tâche à laquelle elles se sont historiquement fiées pour être complétées par des actions citoyennes.