Le gouvernement américain a restreint l'accès à l'IA, soulevant des questions juridiques
Le Département du Commerce des États-Unis a ordonné à Anthropic de restreindre l'accès à deux de ses modèles d'IA avancés pour des raisons de sécurité nationale. Cette mesure a temporairement rendu les modèles inaccessibles à tous les utilisateurs et a soulevé des questions sur l'autorité du gouvernement à réglementer l'IA à l'échelle mondiale.

Le 12 juin, le Département du Commerce des États-Unis a ordonné à la société d'IA Anthropic de restreindre immédiatement l'accès à ses deux modèles de langage les plus avancés, Claude Fable 5 et Mythos 5. La directive, invoquant des préoccupations de sécurité nationale, a interdit l'accès à tous les ressortissants étrangers, y compris les employés non citoyens de l'entreprise. Par conséquent, Anthropic a rendu les modèles inaccessibles à tous en quelques heures.
Ne pouvant vérifier immédiatement la nationalité de chaque utilisateur, y compris ceux situés hors des États-Unis, l'entreprise a choisi de suspendre entièrement les modèles. Le Département du Commerce a levé sa restriction le 30 juin, après qu'Anthropic eut considérablement renforcé les garde-fous de sécurité des modèles. Cependant, ces améliorations ont entraîné un "effondrement" des scores de référence des modèles, indiquant une intelligence et une capacité globales réduites.
La directive a marqué une rupture significative avec les pratiques antérieures. Pour la première fois, le Département du Commerce a utilisé l'Export Control Reform Act de 2018, traditionnellement appliqué au matériel, pour restreindre l'accès à un service d'IA. Les dispositions de la loi exigent des licences d'exportation pour l'accès étranger à des technologies spécifiques, ce qui a suscité un débat sur la question de savoir si l'accès à distance à un logiciel constitue une exportation.
Cet incident a suscité des inquiétudes au sein de l'industrie américaine de l'IA concernant l'approche du gouvernement. Bien qu'Anthropic n'ait pas contesté la décision sur le plan juridique mais ait plutôt négocié sa résolution, la situation met en évidence la complexité de la réglementation des technologies émergentes. L'entreprise elle-même a déjà exprimé son soutien à une supervision gouvernementale des modèles d'IA potentiellement dangereux et a reconnu la nécessité de tels contrôles.